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Les 6 dernières nouvelles

 Courrier à Elise Lucet - le 13/06/2024 @ 10:11 par odiber

Courrier à Elise Lucet,
 

Madame,
 

nous avons regardé avec intérêt le reportage sur la « résistance de la mémoire » diffusé sur france2 le 6 juin 2024. A ce sujet, nous avons aussitôt reçu plusieurs appels téléphoniques et messages électroniques, de la part d'enfants de Résistants, indignés pour plusieurs raisons :
 

les approximations concernent d'abord l'origine de l'emballement médiatique à qui vous donnez une nouvelle résonance . Le 1er article du printemps 2023, accusant les Résistants de Meymac de « crime de guerre » n'est pas celui du journal La Montagne, mais du petit hebdomadaire local « la Vie corrézienne » 4 jours avant.
 

Nous avons demandé un droit de réponse rectificatif aux erreurs historiques et accusations de ces articles, cela nous a été refusé, nous avons donc publié des communiqués sur notre site internet ANACR-Corrèze. Depuis, le journal La Montagne a publié des articles historiques sérieux, en s'appuyant sur des historiens universitaires reconnus comme Fabrice Grenard,,Jean-Luc Leuleu, Pascal Plas et quelques autres que nous lui avions conseillé de contacter.
 

Concernant « l'affaire de Meymac », le problème est la décontextualisation des faits : pour comprendre l'exécution des soldats allemands dans les bois de Meymac le 12 juin 1944, il faut savoir que « la Division SS Das Reich » (dont vous présentez des colonnes de chars ,comme illustration, qui n'ont rien à voir avec la Corrèze) était en fait un régiment « Der Führer » de cette division. Celui-ci avait reçu le 5 juin, (comme d'autres jusqu'au pied des Pyrénées) ordre d'éradiquer la Résistance en Limousin par tous les moyens, y compris en assassinant les populations civiles pour les dissuader de soutenir la Résistance. Cet ordre  courait jusqu'au 15 juin, après quoi le régiment devait retourner à ses cantonnements dans la région de Montauban (voir au centre de la Mémoire d'Oradour). C'est le débarquement du 6 juin en Normandie , qui a entraîné un contre-ordre le 10juin, demandant d'interrompre « l'opération » (archives allemandes), et de remonter vers la Normandie « le 11 juin à 12h au plus tard » . Le 1er détachement de Der Führer  à Tulle avait eu le temps de commettre ses crimes le 9 , le 2ème détachement de même, à Oradour sur Glane le 10 : il est bien connu que ce ne sont pas les mêmes qui ont opéré à Tulle et Oradour, comme il est dit dans le film.
 

Concernant Meymac, les soldats de la garnison de Tulle faits prisonniers le 8 juin, étaient des tortionnaires de Résistantes et Résistants, retenus prisonniers dans leur cantonnement. Ils étaient une armée d'occupation et d'oppression, qui considérait les Résistants comme des « terroristes » à abattre sur place ou à déporter. Les Résistants, leurs familles, étaient des victimes de cette oppression, ils défendaient leur vie, leur terre, leur honneur... comment peut-on les mettre sur le même plan ? Faire pleurer longuement sur un soldat allemand père de famille, sans évoquer en contrepoint les exécutions et les déportations de Résistants, de Juifs, de Tziganes...vers les camps de la mort nazis et donner seulement quelques secondes, la parole au président du comité ANACR de Meymac devant la stèle en hommage à un jeune Résistant (les deux responsables en sont profondément déçus …).  Heureusement que vous avez cité le décret du général De Gaulle , vous auriez pu citer aussi sa déclaration encore plus explicite, faisant suite aux attentats contre des officiers allemands en zone nord : « si des soldats allemands ne voulaient pas être tués par des Français, ils n'avaient qu'à rester chez eux ». Cela aurait un peu contrebalancé la manchette de journal où apparaît la mention « crime de guerre ».
 

Deux jours avant, le 10 juin, à Ussel, distante d'une vingtaine de kilomètres, la garnison allemande, accompagnée par le 1er Régiment de France vichyste, avait fusillé 47 jeunes résistants du secteur sans armes, achevant les blessés sur place par le coup de grâce, un officier se faisant même prendre en photo pendant la salle besogne.
 

Deux jours après, le 12 juin, les soldats allemands amenés depuis Tulle à Meymac, ne pouvaient pas être nourris, gardés, hébergés, par le petit groupe de Résistants de Meymac, de nombreuses publications l'ont expliqué.  Ils ne pouvaient pas être libérés, tout près d'Ussel , sans provoquer l'attaque des camps de maquis repérés par ces soldats et mettre en danger les populations civiles voisines... Pour les familles de Résistants et leurs amis, il s'agit d'un acte de légitime défense, de survie,  comme il s'en est produit dans le département et ailleurs, où de nombreux corps ont été exhumés. Mais peut-être que ces  FTP auraient dû se sacrifier ? Le traumatisme est rude pour les familles.
 

Une autre question est celle de la recherche et de l'exhumation des corps : notre association, l'ANACR-Corrèze, s'y est immédiatement associée aux côtés de la Préfecture ;  c'est pour nous, une action d'ordre humanitaire, vis à vis des familles allemandes voulant légitimement  retrouver les leurs. Le battement médiatique autour des recherches n'est pas de notre fait, c'est celui de la presse, qui a fait le « buzz » avec les déclarations largement interprétées d'un homme de 98 ans... qui les aurait cachées pendant 80 ans ! Votre reportage affirme  que puisque ses camarades de Résistance sont tous décédés, il serait « désormais libre de s'exprimer ». Mais lorsque vous donnez la parole à des Meymacois, ils vous disent que « tout le monde savait à Meymac », à commencer par ces « témoins » qui vous ont guidés dans les bois. Quant-aux autorités qui avaient autorisé les premières exhumations des années 1960, elles ont brillé par leur absence et vous avez raison de formuler plusieurs interrogations.
 

Quoi qu'il en soit, nous nous interdisons de nous ériger en juges d'événements du temps de guerre, où la nature, les objectifs et le déséquilibre des forces en présence sont tellement évidents pour qui veut respecter la vérité historique, que tout jugement devient indécent.
 

Votre reportage a repris des erreurs précédentes, et n'a rien apporté de plus, à part les dernières investigations,  que la presse locale, régionale, nationale et internationale, depuis un an sur le même sujet . Sa diffusion à la date des commémorations du débarquement de Normandie a sans doute permis une augmentation de l'audience, à l'affût de nouvelles « révélations » ; le sujet aurait réclamé un peu plus de respect vis à vis des familles de Résistants victimes de la barbarie nazie, à leur demande nous nous devions de vous en informer.
 

Madame Lucet, vous nous avez habitués à des émissions d'une bien meilleure qualité, nous en sommes d'autant plus déçus.
 

Bien à vous,
 

La direction départementale de l'ANACR-Corrèze.

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L’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami-e-s de la Résistance « ANACR
et Ami-e-s » vous invite à assister à la cérémonie qui rendra hommage au massacre des 47 jeunes Résistants FTP assassinés par le 1er régiment de France et par l’occupant Allemand le 10 juin 1944.

L’ANACR est labellisée par la Mission Nationale du 80eme anniversaire de la  Libération.

 

La cérémonie  se  déroulera  :

Lundi 10 juin à 18h devant la stèle de la Résistance
    Place Voltaire à Ussel
   

Le Comité ANACR d’Ussel

Les Co-Présidents

Marie Jo PIVIER et Théo SOULAT           

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 Exposition poètes et artistes de la résistance - le 07/06/2024 @ 10:10 par odiber

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Le vernissage aura lieu le mardi 18 à 16h30
 

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Causerie Favars - le 23/05/2024 @ 22:23 par odiber

Invitation 27 mai 2024 - le 22/05/2024 @ 22:05 par odiber

Message pour la Journée Nationale de la Résistance 2024


En cette année du 80ème anniversaire de la Libération, l'Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance, l'ANACR,  appelle à se souvenir :
 

 Au début de 1944, l’unification des structures militaires de la Résistance : Armée Secrète (AS), Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) , Main d'Oeuvre Immigrée (MOI), Organisation de Résistance de l'Armée (ORA), Groupes Francs, se concrétise dans la formation des «Forces Françaises de l’Intérieur», les F.F.I., qui vont jouer un rôle important, majeur dans certaines régions, dans la libération de la France entamée le 6 juin 1944 par le débarquement allié en Normandie, puis celui du 15 août  sur les côtes de Provence.

A l’été 1944, l’insurrection nationale des maquis, des groupes de combat urbain de la Résistance, à l'appel du Conseil National de la Résistance (CNR) et les Comités de Libération, conjointement à l’offensive des forces alliées débarquées incluant des Forces Françaises Libres (FFL), contraignent les occupants nazis et leurs complices du régime pétainiste à une retraite, hélas émaillée de crimes de masse contre les populations civiles, comme à Oradour sur Glane, Tulle, Ascq ou Maillé.

Dans les villes et les régions libérées, la France, va retrouver des institutions démocratiques, notamment par la mise en œuvre du «Programme du Conseil National de la Résistance»  publié le 15 mars 1944.

Ainsi, des «Comités locaux, départementaux, régionaux de la Libération», regroupant des représentants des mouvements de Résistance, reprennent partout à travers la France la place des conseils municipaux et départementaux qui avaient été dissous par le régime pétainiste. Ils coopèrent avec les Préfets et sous-préfets issus de la Résistance, avec les Commissaires de la République nommés par le «Gouvernement Provisoire de la République Française» (GPRF) présidé par le Général de Gaulle, pour rétablir la légalité républicaine.

Paris est libérée le 25 août par son soulèvement insurrectionnel appuyé par la 2ème DB et l’armée du Général  Patton. Les  régions de France, encore un temps occupées, vont être aussi libérées, avec la participation au sein des forces alliées, de l’Armée Française de la Libération qui intégra des centaines de milliers de combattants des unités F.F.I.

De septembre 1944 à la fin de l’année, le GPRF conduit la participation de la France au combat des Alliés qui continuera jusqu’à la capitulation du Reich nazi, le 8 mai 1945.

Pour l’heure, cette année du 80ème anniversaire de la Libération de la France,  est célébrée par de multiples manifestations et cérémonies partout à travers le Pays, rappelant les combats qui l’accompagnèrent, tels ceux des Glières, du Vercors, du Mont-Gargan, du Mont-Mouchet ... rendant hommage à  celles et ceux qui hélas tombèrent lors de ces combats. Et aussi du fait de la répression, qui frappa hommes, femmes et enfants, Français et Immigrés, comme l'a rappelé ce 21 février 2024 la Panthéonisation de Missak Manouchian, accompagné de son épouse et par les portraits de ses 23 compagnons de lutte et de martyre ;  nécessaire évocation en ces temps de xénophobie préoccupante, afin d'éveiller les consciences.

Cette année 2024 est aussi celle du 80ème anniversaire de la mise en place par le Gouvernement alors présidé par le Général de Gaulle , des toutes premières mesures démocratiques, économiques et sociales préconisées par l’Assemblée Consultative Provisoire (A.C.P.) et le Programme du CNR,  telles l’Ordonnance du 5 octobre 1944 instituant le droit de vote et l’éligibilité des femmes, ou celles du 30 décembre amorçant la réforme de la Sécurité sociale.

Dans les mois et années qui vont suivre, seront prises d’autres mesures inspirées du Programme du CNR, imprégnées des valeurs humanistes et de solidarité de la Résistance, privilégiant l’intérêt général par rapport aux intérêts particuliers. Pour une large part, elles restent des références pour nos débats citoyens contemporains, au même titre que notre attachement indéfectible à la laïcité et à la recherche d'une paix juste et durable.

 

L’ANACR, pour le 27 mai 2024

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